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L'officier de la DGSE détenu au Mali n'a toujours pas vu d'avocat
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L'officier de la DGSE détenu au Mali n'a toujours pas vu d'avocat

Cela fait sept mois que Yann Vézilier, officier français de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), est prisonnier au Mali. Arrêté le 14 août 2025 en même temps qu'une dizaine de militaires maliens, cet agent des services français, accrédité comme tel auprès des autorités maliennes, est accusé d'avoir participé à un complot pour renverser les autorités de transition. Bamako et Paris restent parfaitement silencieuses sur son sort, mais un article publié ce 11 mars par nos confrères de Jeune Afrique révèle quelques informations sur ses conditions de détention.

rfi.fr
u/typofil — 1 day ago
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Au Burkina Faso, près de 700 associations et ONG suspendues ou dissoutes par la junte au pouvoir

En l’espace de trois semaines, des centaines d’organisations apolitiques en tous genres ont été ciblées par des arrêtés. Si les autorités invoquent des raisons de non-conformité administrative, les défenseurs des droits humains y voient un énième signe de répression de la société civile.

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/05/08/au-burkina-faso-pres-de-700-associations-et-ong-suspendues-ou-dissoutes-par-la-junte-au-pouvoir_6687072_3212.html

Pour la troisième fois en moins d’un mois, des associations sont dans le viseur du gouvernement burkinabé. Mardi 5 mai, 205 structures agissant dans les domaines du développement, de la santé ou de la défense des droits des femmes ont été suspendues pour « non-renouvellement de leurs instances conformément à leurs statuts et règlement intérieur et à la loi en vigueur », selon un arrêté du ministère de l’administration territoriale et de la mobilité. Cette dernière décision porte à 682 le nombre d’associations ciblées par les autorités.

Le 21 avril, un arrêté similaire avait épinglé 359 associations. Quelques jours plus tôt encore, 118 autres structures étaient dissoutes et « interdites d’activités sur toute l’étendue du territoire national », sans que le communiqué n’évoque de motif précis. Parmi elles figurent des collectifs citoyens, dont certains engagés en faveur de la démocratie, un régime politique que le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2022, a récemment balayé d’un revers de la main : « La démocratie, c’est pas pour nous », a-t-il déclaré, le 2 avril, dans une interview diffusée à la télévision nationale.

Dans un contexte de répression des voix dissidentes, ces suspensions et dissolutions pèsent sur un espace civique déjà réduit à peau de chagrin par la junte au pouvoir. Parmi les associations visées se trouvent des clubs de sport ou encore des collectifs de producteurs agricoles. D’autres semblent inactives. Aucune n’affiche d’orientation politique. Plusieurs responsables des structures concernées, contactés par Le Monde, ont assuré qu’il leur suffit de remédier au non-renouvellement des instances pour pouvoir, ensuite, poursuivre leurs activités.

Difficile toutefois de ne pas voir, dans cette série de mesures, une continuité de la détérioration du climat politique, trois mois après la dissolution de tous les partis du pays. « Il faudra du temps pour savoir comment les récentes décisions seront mises en pratique, explique Ben Saul, rapporteur spécial auprès des Nations unies sur les droits de l’homme et la lutte antiterroriste. Mais vu le caractère arbitraire du système juridique au Burkina Faso sous les autorités actuelles, on peut s’attendre à ce que cela soit utilisé comme un outil de répression politique. »

Une « législation abusive »

M. Saul avait déjà fait part, aux côtés de deux autres rapporteuses, de son inquiétude quant aux précédentes mesures adoptées dans le pays, comme l’obligation, décrétée par le président en novembre 2025, pour toutes les associations et ONG de domicilier leurs comptes bancaires à la Banque des dépôts du Trésor, une institution publique.

Si les autorités invoquent des objectifs de traçabilité et de lutte contre le blanchiment ou le détournement de fonds, les rapporteurs ont estimé que la mesure pourrait s’avérer dissuasive et « porter atteinte au droit fondamental à la liberté d’association ». « Nous rappelons que toutes les mesures de lutte contre le terrorisme doivent respecter les droits humains », ont-ils aussi écrit dans une lettre datée du 17 mars, en référence à la menace djihadiste qui persiste au Burkina Faso.

De son côté, Ousmane Diallo, chercheur pour Amnesty International sur le Sahel, avait dénoncé, le 16 avril, dans un communiqué de l’ONG, une « atteinte flagrante au droit à la liberté d’association », au lendemain de l’annonce des premières dissolutions, pointant notamment une « législation abusive ».

Depuis le 17 juillet 2025, la loi portant sur la liberté d’association exclut les organisations poursuivant « des objectifs politiques ou commerciaux », dans le but de lutter contre des « collusions réelles ou parfois déguisées entre organisations associatives et partis politiques », d’après les explications qu’avait livrées Jean-Pierre Vogna, le directeur général de l’administration du territoire.

Les autorités avaient pourtant déjà révoqué l’autorisation d’exercer d’une dizaine d’ONG auparavant. Huit membres d’une ONG, dont deux Français, avaient aussi été arrêtés début octobre 2025 – puis relâchés à la fin du mois – après la suspension des activités de leur organisation, accusée de fournir des informations sensibles à des « puissances étrangères ».

Au-delà du secteur associatif, les traces de l’étouffement de toute voix critique s’accumulent : mercredi, l’organisation Reporters sans frontières a révélé que Atiana Serge Oulon, journaliste et ancien directeur de publication à LEvénement, un titre de référence du pays, a été « détenu, séquestré et violenté au sein d’une villa » de la capitale, Ouagadougou, depuis son enlèvement, en juin 2024, jusqu’à au moins la fin de 2025.

u/typofil — 4 days ago
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Le vacillement de l’armée malienne face aux djihadistes révèle un impensé de l’opération « Barkhane », à savoir l’inefficacité des coopérations militaires de la France avec des armées africaines, estime, dans une tribune au « Monde », le politiste Marc-Antoine Pérouse de Montclos, spécialiste de la région.

Tribune de Marc-Antoine Pérouse de Montclos

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/04/le-drame-du-mali-interroge-directement-les-echecs-de-l-armee-francaise-au-sahel_6685406_3232.html

La perte de la ville de Kidal et l’assassinat du numéro deux de la junte militaire marquent une étape importante dans les nombreux conflits qui déchirent le Mali. En effet, les djihadistes, autrefois combattus par la France, ont franchi un saut qualitatif en s’alliant aux séparatistes touareg et en se disant prêts à monter une coalition avec l’opposition malienne. Beaucoup d’analystes s’inquiètent donc d’une éventuelle chute de Bamako, même si, contrairement au cas syrien, les insurgés n’ont pas encore fait la preuve de leur capacité à se substituer à un Etat défaillant et à proposer une véritable alternative de gouvernement dans les zones rurales qu’ils prétendent administrer.

L’échec, en l’occurrence, est russe et pas seulement malien. Le départ humiliant des mercenaires de l’Africa Corps [l’organisation paramilitaire qui a succédé au groupe Wagner], escortés par les djihadistes pour fuir Kidal, a marqué les esprits. Il constitue une belle revanche pour les rebelles touareg qui avaient dû évacuer ce fief séparatiste en 2023, lorsque les hommes de Wagner s’étaient emparés de la localité. Mais comment en aurait-il pu être autrement ?

Dès le départ, il était en effet inconcevable qu’une poignée de mercenaires russes puisse réellement prendre le relais d’une dizaine de milliers de casques bleus et de 5 000 soldats français déployés dans le cadre de l’opération « Barkhane » (2014-2022). Gangrenée par la corruption et l’indiscipline, l’armée malienne, elle, n’a jamais été professionnelle. Structurellement, elle s’est toujours caractérisée par une grande impunité lorsqu’il s’agissait de sanctionner des coups d’Etat, des mutineries, des détournements de fonds ou des violations massives des droits de l’homme qui ont eu pour résultat d’exacerber les conflits et de pousser des jeunes dans les rangs des rebelles pour échapper à l’arrestation arbitraire et à l’exécution extrajudiciaire.

La poursuite de l’opération « Barkhane » et de la coopération internationale aurait-elle alors pu enrayer la poussée des djihadistes vers Bamako ? Rien n’est moins sûr tant les défis de l’Etat malien sont immenses. Aujourd’hui, les revers de Bamako interrogent notamment un impensé de l’opération « Barkhane », à savoir l’échec des coopérations militaires de la France avec des armées africaines qui, à terme, sont censées assumer seules la défense de leurs pays. La question est d’autant plus brûlante que la situation du Mali donne le sentiment d’un énorme gâchis, avec, au final, un constat des plus amers : tout ça pour ça ?

« Barkhane », rappelons-le, fut la plus grosse opération outre-mer de l’armée française depuis la guerre d’Algérie. Elle s’est terminée abruptement lorsque les juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont demandé à Paris de retirer des troupes accusées d’être incapables de contenir la menace djihadiste. Pour autant, la France n’a jamais entrepris de tirer sérieusement les leçons des échecs de « Barkhane » pour repenser l’ensemble de ses coopérations militaires en Afrique. Le bilan officiel et public de son intervention au Sahel tient en 38 pages, annexes comprises. C’est bien peu quand on sait que les parlementaires britanniques et américains ont produit des milliers de pages d’enquêtes pour analyser les erreurs de diagnostic et de mise en œuvre de leurs opérations en Afghanistan, en Irak ou en Libye.

A Paris, des sénateurs se sont en l’occurrence contentés d’écrire en 2023 un « rapport d’information » qui vante les « succès significatifs » des troupes tricolores. A les croire, il aurait fallu saluer la performance des armes françaises sur un théâtre d’opération « abrasif », le « travail exceptionnel » de soldats « irréprochables » et l’« efficacité » de la direction du renseignement militaire alors même que celle-ci n’a pas été en mesure d’avertir et de prévenir les coups d’Etat en série qui ont conduit à l’éviction des troupes tricolores déployées au Mali, au Burkina Faso et au Niger.

Déni de réalité et platitudes

Au-delà du déni de réalité, ce rapport timoré témoigne en fait d’une certaine indifférence de l’électorat et d’une classe politique qui n’a nullement envie de revenir sur ses impérities africaines. Sorti en catimini à la veille des vacances d’été, il ensevelit le lecteur sous une avalanche de platitudes et d’acronymes techniques que ses auteurs n’ont pas pris la peine d’expliciter en annexe. Visiblement bâclé, il est, à tout le moins, peu informé puisqu’on y confond la katiba Macina au Mali et le groupe Ansaroul Islam au Burkina Faso.

Il est vrai que ledit rapport se nourrit surtout d’entretiens menés avec des militaires et des diplomates tenus par le devoir de réserve. Les journalistes les plus critiques n’ont pas été entendus et seulement trois chercheurs ont participé à l’exercice, dont un est cité dans le texte sans être mentionné dans la liste des personnes auditionnées. Au détour d’une phrase lors des discussions qui ont suivi la présentation du rapport, on apprend certes qu’il faudrait « profondément s’interroger » sur les formations que l’armée française propose en Afrique. Mais c’est la coopération militaire de l’Union européenne qui est nommément incriminée, pas celle de la France.

En guise de bilan, le mot de la fin revient à cet égard à l’un des corapporteurs, le sénateur Les Républicains Pascal Allizard [Calvados], lorsqu’il « conseille la lecture du manuel de la contre-insurrection du lieutenant-colonel David Galula ». Ce théoricien français de la guerre en Algérie, dont les écrits ont été redécouverts tardivement, a beaucoup inspiré les opérations de l’armée américaine en Afghanistan et en Irak. Lesquelles, on le sait, se sont piteusement terminées.

En réalité, le drame du Mali interroge directement les échecs de l’armée française au Sahel. La question reste posée d’une manière générale : comment donc professionnaliser des armées dans des Etats faibles ? Elle mérite à tout le moins d’engager un vrai débat public sur les coopérations militaires de la France en Afrique.

u/typofil — 8 days ago
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L’offensive conjointe menée dans le nord du pays par une alliance d’indépendantistes et de djihadistes signe l’échec catastrophique des militaires putschistes au pouvoir à Bamako, qui ont financé des mercenaires russes et alimenté une dérive guerrière sanglante et sans issue.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/05/au-mali-un-nouveau-degre-dans-la-descente-aux-enfers_6685573_3232.html

En janvier 2013, François Hollande avait envoyé au Mali les soldats français de l’opération « Serval » à la demande du gouvernement de ce pays, menacé par l’avancée des djihadistes sur Bamako. La prise du pouvoir par les islamistes fut alors empêchée. Mais le gouvernement déconsidéré de ce pays immense et pauvre, en proie aux assauts conjoints des combattants affiliés à Al-Qaida et, à partir de 2015, au groupe Etat islamique, succomba au coup d’Etat militaire de 2020.

Depuis lors, la prétention d’Assimi Goïta, actuel chef de l’Etat autoproclamé, de restaurer la sécurité avec l’aide de supplétifs russes de Groupe Wagner puis d’Africa Corps après l’expulsion des Français en 2022, s’est heurtée à l’enracinement des djihadistes et au renforcement de leurs capacités militaires.

Treize ans après « Serval », le Mali vit à nouveau dans les affres d’une avancée des djihadistes vers le pouvoir depuis que, le 25 avril, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans, affilié à Al-Qaida, et les indépendantistes du Nord du Front de libération de l’Azawad mènent une offensive conjointe qui leur a permis de s’emparer de Kidal et de menacer Bamako. La fuite humiliante des mercenaires russes de Kidal marque l’échec de Moscou.

(photo) Une réfugiée malienne à l’extérieur d’une tente dans un camp de fortune à Doueinkara (Mali), près de la frontière avec la Mauritanie, le 18 avril 2026. PATRICK MEINHARDT/AFP

Jamais le risque de l’établissement d’un califat, au moins dans le nord du pays n’a été aussi fort. Jamais l’impression de gâchis n’a été aussi pesante. Pour les Maliens d’abord, dont les traditions d’ouverture et de tolérance sont menacées par l’imposition de la charia avec son cortège d’insupportables régressions pour les femmes – longtemps très actives sur les plans politique, social et économique – et la société tout entière. Mais aussi pour les amis de ce pays, proche de la France par son histoire et par les innombrables liens tissés au travers de l’immigration, qui assistent impuissants à ce nouveau pas dans sa descente aux enfers.

Les événements actuels résultent de l’accord formellement conclu voici un peu plus d’un an entre les tenants de deux causes : l’indépendance du nord du Mali, largement désertique et historiquement dominé par les Touareg, et la volonté violente de soumettre l’Etat à une version radicale de l’islam. Ces deux tendances, consolidées par l’afflux de combattants rendus oisifs par la chute, en 2011, du dictateur libyen Kadhafi qui les avait mis à son service, alternent entre connivence et affrontement. Imprévisible, la durée de leur alliance actuelle va peser sur le sort du Mali.

La cause profonde de ces déchirements, que des milliers de civils maliens ont déjà payés de leur vie, réside dans l’impéritie de l’Etat malien et de son armée dont le haut degré de corruption fait le jeu des rebelles. L’impuissance de l’Etat, de longue date, à assurer la sécurité, la santé et à rendre la justice, son incapacité à associer pleinement les communautés du Nord au pouvoir, apparaissent comme les premiers facteurs de la prise de contrôle progressive des djihadistes. Il est plus que temps pour la France et pour la communauté internationale, qui ont longtemps fermé les yeux sur ces réalités, de tirer un bilan honnête de leur échec.

Mais les derniers responsables en date de la catastrophe sont les militaires putschistes maliens. Non contents de supprimer ou d’emprisonner les opposants, d’interdire les partis politiques et le travail des journalistes, ils ont financé des mercenaires russes et alimenté une dérive guerrière sanglante et sans issue, alors que seule une solution politique peut permettre de sortir le Mali de l’impasse.

u/typofil — 8 days ago
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La comparaison entre la Mauritanie et le Mali en ce mois d'avril 2026 est brutale. D'un côté, une Mauritanie qui s'impose comme le pôle de stabilité du Sahel, illustrant ce que France 24 décrit (15/04/2026) comme une « relation apaisée » et pragmatique avec ses partenaires internationaux, dont la France. De l'autre, un Mali qui paie le prix fort de la rupture totale et du pari sécuritaire russe, avec un État aujourd'hui fragmenté après la chute de Kidal et la déstabilisation du cœur du pouvoir à Bamako.

https://www.france24.com/fr/afrique/20260415-france-mauritanie-mod%C3%A8le-relation-apais%C3%A9e-entre-paris-ancienne-colonie

Qu'en pensez-vous ?

  • Le Mali dispose-t-il encore d'un appareil d'État assez cohérent pour opérer un virage vers le "renseignement et la prévention", piliers du succès mauritanien, après des années de stratégie de force brute ?
  • Une normalisation des rapports avec Paris, les pays de la région, notamment la CI et les instances internationales est-elle acceptable pour une population malienne nourrie pendant cinq ans à la propagande russe de la rupture totale ?
  • Le "modèle mauritanien", qui concilie identité islamique affirmée et partenariats sécuritaires occidentaux, est-il une alternative viable face au projet de gouvernance des groupes issus de la rébellion et du JNIM ? Le JNIM notamment essaie d'acquérir de la respectabilité (évacuation pacifique des russes de Kidal), mais reste fondamentalement terroriste
  • La Russie laissera-t-elle le Mali pivoter vers ce modèle de stabilité ou cherchera-t-elle à maintenir une zone de chaos pour protéger ses derniers hubs logistiques et sa mainmise sur les mines ?
u/typofil — 15 days ago