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Le premier sondage sur les intentions de vote au Québec fut réalisé en 1959 par le Groupe de recherche sociale et pour le compte du PLQ

Le premier sondage sur les intentions de vote au Québec fut réalisé en 1959 par le Groupe de recherche sociale et pour le compte du PLQ

Si on analyse l'histoire des sondages réalisés au Québec, on se rend compte que les sondages représentent des outils pouvant contribuer à stabiliser le cadre politique canadien.

Est-ce qu’un mouvement souverainiste peut réellement gagner dans un environnement dominé par les sondages médiatiques ?

Cela ne signifie pas que les sondages sont volontairement biaisés, mais qu’ils peuvent avoir des effets politiques indirects et structurels qui se révèlent souvent problématiques pour les camps politiques qui proposent un changement.

Voici la preuve que les sondages peuvent fabriquer l'opinion publique :

>#Gingras, Anne-Marie, « Les sondages et la fabrique de l’opinion », Réjean Pelletier et Manon Tremblay (dir.), Le Parlementarisme canadien, 5e éd., Québec, Presses de l’Université Laval, 2013, p. 319-324.

>L’auteure reconnaît la prééminence d’une vision selon laquelle les sondages d’opinion en démocratie libérale ont eux-mêmes acquis une valeur démocratique. D’après cette perspective, les sondages sont intimement liés à la notion « d’opinion publique », comprise comme ce que pense le peuple. Les sondages permettent justement de révéler l’opinion de la population. Toutefois, cohabite avec cette vision une théorie selon laquelle l’opinion publique ne représente qu’un « référent imaginaire, idéal et utopique [1] », qui sert à légitimer des actions politiques : « […] cette perspective se fonde sur la critique des sondages et sur l’idée que le contrôle de l’opinion publique – la soi-disant opinion majoritaire – permet de promouvoir certains enjeux politiques, économiques et sociaux ». Suivant cette vision, les différentes étapes de réalisation et de publication du sondage sont colorées par la défense de certains intérêts.

>Trois problèmes importants persistent sur l’utilisation des sondages comme moyens de révéler l’opinion majoritaire de la population. Premièrement, les sondages comportent des difficultés méthodologiques, dont la distribution des personnes indécises. Deuxièmement, les sondages n’ont pas tous le même intérêt. Ainsi, l’auteure indique que les enquêtes effectuées à la veille d’une élection ont une plus grande valeur que ceux qui traitent de questions délicates telles que les relations interculturelles et les rapports entre les hommes et les femmes puisque ces derniers sont peu susceptibles de produire des réponses véridiques. Troisièmement, l’auteure souligne que les questions des sondages correspondent aux préoccupations d’une élite et ne tiennent pas compte des différences d’intérêts et de connaissances des participants, issus de groupes variés.

>En définitive, les techniques d’enquête sont suffisamment sophistiquées pour permettre à certains « agents sociaux » (commanditaires, maisons de sondages, médias, politologues, conseillers en communication, etc.) de fabriquer en partie l’opinion publique et d’exercer en conséquence une influence politique.

Source : Bibliothèque de l'Assemblée nationale du Québec ( https://www.bibliotheque.assnat.qc.ca/fr/publications-de-recherche/2385-cinq-lectures-pour-comprendre-les-sondages-en-periode-electorale )

Donc, le problème n’est pas la véracité des sondages, mais leur effet sur les anticipations des électeurs.

En conclusion, dans ce cadre actuel, les sondages ne déterminent pas les résultats, mais influencent les perceptions de viabilité politique en plus de favoriser le vote stratégique causant l'effet que les électeurs votent trop souvent de manière stratégique en regardant les sondages.

Voici un exemple concret du vote stratégique causé par les sondages :

>#Les appels au vote stratégique se multiplient

>C’est quoi, un vote stratégique?

>C’est quand on vote pour un candidat plus susceptible de battre celui qu’on veut empêcher de gagner plutôt que pour celui qu’on préfère vraiment. Dans le contexte fédéral où les libéraux et les conservateurs dominent, ça revient souvent à voter pour l’un pour éviter que l’autre ne se fasse élire, au détriment d’autres partis comme le Bloc québécois ou le Nouveau Parti démocratique.

[Blanchet] tente de convaincre [son électorat] que la victoire du chef libéral peut désormais être considérée comme étant acquise, ce qui les autorise à voter pour le Bloc sans craindre de voir le conservateur Pierre Poilievre l’emporter le 28 avril. »

Sources : FANNIE OLIVIER, Analyste au bureau parlementaire à Ottawa pour Radio-Canada ( https://ici.radio-canada.ca/en-bref/90-12667/vote-strategique-elections-federales-canada-npd-bloc )

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