u/NetworkLoose2923

Besoin d'aide : impression d'être dans un gouffre sans fin ; admise à l'UTC après un parcours lourd, je sabote tout.

Bonjour à tous et à toutes,

Je vous écris ici parce que j’ai l’impression d’être dans un gouffre sans fin. Je ne sais plus comment m'en sortir seule, et peut-être pourriez-vous m'aider.

Pour mieux comprendre ma situation, voici une mise en contexte qui me semble importante : j'ai été séparée de mes parents et placée dès ma naissance. Pendant longtemps, je n'ai pas connu les raisons de ce placement. Ce n'est que l'été de mes 21 ans que j'ai enfin consulté mon dossier à l'Aide Sociale à l'Enfance. Un dossier énorme : des parents toxicomanes incapables de s'occuper de moi, puis l'overdose de ma mère quand j'avais à peine 10 ans.

J’ai passé toute mon enfance et une partie de mon adolescence dans une famille d’accueil où j’ai subi des maltraitances, surtout verbales, mais aussi physiques. Le foyer était insalubre et manquait totalement de cadre éducatif : nous étions livrés à nous-mêmes. J’ai fini par rejoindre ma famille biologique (ma tante maternelle) vers 13 ans, mais il est difficile d’intégrer une vie "normale" quand on est déjà marginalisée et déconnectée. Cela m'a toujours suivie : j'ai toujours eu énormément de mal à me faire des amis, on avait plutôt tendance à me fuir. J'ai la sensation que ce début de vie chaotique, pourtant si crucial pour se construire et forger sa personnalité, m'a comme brisée. J'ai l'impression de porter malgré moi les mauvais côtés de mon passé. Je suis convaincue que j'aurais été tellement différente, et dans le bon sens du terme, si j'avais grandi dans un foyer normal, avec de l'amour, du soutien et une véritable éducation.

Scolairement, mon parcours est totalement sinusoïdal. J'ai longtemps été considérée comme une élève en échec qui ne valait pas le coup, qu'on faisait passer à la classe supérieure pour s'en débarrasser. Mais j'ai eu un déclic en classe de troisième. J'ai poursuivi en seconde générale et c’est cette année-là que mon goût pour les sciences s'est confirmé. Sans pour autant réussir à être constante : j'ai redoublé mes classes de première et de terminale en ratant mon bac. Puis, j'ai réussi à rebondir avec un énième électrochoc : celui d'être une "ratée" qui galérerait toute sa vie sans diplôme. J'ai énormément bossé pour rattraper mon retard et mes lacunes, et j'ai fini par obtenir mon bac avec mention Bien et un passage en classe préparatoire (PCSI/PSI). Une vraie fierté à ce moment-là.

Aujourd'hui, après trois semestres en prépa, je suis en école d'ingénieur à l'UTC. Cette école, c'était mon top 1, la "voie royale" pour concrétiser mon projet d'ingénieur en génie biomédical. J'ai normalement toutes les cartes en main, mais j'ai l'impression de tout gâcher. Mon problème a toujours été de ne pas arriver à me poser de limites. Depuis plus d'un mois, je fuis à la moindre difficulté (ça a toujours été mon mode de fonctionnement). Je ne vais plus en cours, je reste enfermée dans mon lit devant les écrans et je mange pour me réconforter. Récemment, je n'y suis retournée que pour les partiels, pour faire acte de présence afin d'éviter de ne pas valider mes UV, mais je m'enfonce dans un cercle vicieux. En ce moment je suis en vacances pour la semaine chez ma tante et son mari, mais je n'arrive pas à me sentir bien.

Je pense que le plus dur, c'est la solitude. Je la vivais déjà en prépa, mais c'était différent car nous étions avec les mêmes personnes tous les jours. Ici, je suis seule dans une nouvelle ville, loin de ma famille, sans amis, dans un système qui ne favorise pas les interactions sociales (pas de classe fixe). Mon cerveau me souffle sans cesse que c'est "plus simple de ne pas y aller". Je ressens une sérénité immédiate quand je fuis ou que je me réfugie dans la nourriture et les écrans (séries, scroll), mais la culpabilité m'écrase juste après. J'ai peur de ne jamais sortir de ce trou et de foirer mon avenir, alors que j'ai tant d'ambition. Avec mes redoublements, j'ai déjà 2 ans de retard. J'ai peur d'accentuer ce délai en foirant mon semestre. Être diplômée à 25 ou 26 ans me paraît déjà si loin...

Est-ce que quelqu'un a déjà vécu ce sentiment de sabotage permanent ? Comment apprend-on à se construire un cadre quand on a été "cassé" par son passé et qu'on ne sait pas se dire "non" ?

Merci de m'avoir lue. -A

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u/NetworkLoose2923 — 13 hours ago