À bout
Bonjour je m'appelle Exilus, j'ai 24 ans.
Je me permets de vider mon sac sur Reddit parce que de toute façon j'effacerai mon compte.
Depuis environ 2 mois j'ai envie d'en finir, j'y pense tous les jours et chaque nouvelle qui apparait dans ma vie sont mauvaises.
J'ai certaines difficultés à communiquer donc je m'en excuse d'avance.
Depuis tout petit j'ai toujours eu du mal à me faire des amis, j'étais le plus souvent mis à l'écart ou harcelé.
Harcèlement qui a duré de la maternelle jusqu'au collège, avec des étranglements, des séquestrations, des insultes, des bagarres,...
Une fois arrivé au lycée tous c'est calmé mais je n'arrivais toujours pas à me faire des amis donc je restais toujours tout seul et au vu des résultats scolaires qui étaient faibles-moyens je n'étais pas non plus apprécié de tous les professeurs même si je leur expliquais que j'avais un peu de mal à étudier et à travailler correctement.
Niveau orientation je n'ai jamais eu de préférence donc j'ai toujours été orienté soit par les membres de famille qui n'étaient pas d'accord entre eux, soit là où il y avait de la place.
Toutefois j'ai quand même réussi à aller jusqu'au BTS mais sans mérite car nous avions tous 7-8 de moyenne et les professeurs en charge du programme devait partir à la retraite et on donc préféraient nous donner le dîplome qui ne me sert à rien au final car je n'arrivais pas à étudier et donc pas de connaissances.
Du côté des relations je n'ai jamais pu me faire un point fixe car mon père était Gendarme Mobile, ma mère et moi devions donc le suivre un peu partout en France, ce qui a rendu difficile les relations amicales comme amoureuses.
Les seuls amis que j'avais réussi à me faire ne restaient jamais longtemps, soit parce qu'ils avaient trouvés mieux soit parce qu'ils n'avaient plus d'intérêt à me parler.
En 2019 j'ai cependant réussi à rentrer dans un groupe qui était plutôt sympa avec des gens qui étaient considérés comme des marginaux on va dire, car ils n'arrivaient pas non plus à se lier aux autres.
Mais malheureusement ce groupe n'a pas tenu car j'essayais d'avertir que l'un des membres avait de mauvaises intentions mais comme il était plus âgé et plus ancien dans le groupe, j'ai été exclu, pour que finalement j'apprenne qu'il a essayé de faire des attouchements à une des filles du groupe.
Je me suis donc retrouvé tout seul sans personne à qui parler, les choses négatives qui m'ont été dites m'ont fait réfléchir pendant 1 an environ, où j'ai eu des remises en questions, où je pensais être un pervers narcissique, un psychopathe, un sociopathe, un manipulateur et d'autres mots que je me mettais en tête.
J'ai pris l'initiative de régulièrement m'auto-enregistrer afin de comprendre pourquoi j'en suis arrivé là, si j'étais vraiment fautif et si je méritais vraiment les mots que l'on me disait.
Je marchais régulièrement 1-2 tous les jours, je faisais du sport régulièrement, j'allais à la salle avec mon père, je voyais des spécialistes comme des psychologues, des psychiatres et des sophrologues.
Je consultais aussi pour des examens intestinaux car "on pense" avec le medecin qu'au cours de ma scolarité j'ai développé le syndrôme du colon irritable mais qui se serait répandu de la gorge jusqu'au colon en passant par les intestins et l'estomac m'empêchant lors des crises de manger soit pendant 1 semaine ou maximum 1 mois. (Quand je parle ne pas manger ce n'est pas comme une grêve de la faim mais plus comme manger 1/3 ou 1/4 de repas tous les jours.)
Pour pouvoir m'en sortir un peu les psychiatres m'ont donnés des anti-dépresseurs, ce qui semblait idéal car sans stress pas de crise.
Mais le problème c'est que j'ai essayé différents traitements car je m'y habituais et ça revenais tout le temps, ce syndrôme, ce stress et cette solitude.
Et le plus gros problème que j'avais avec les traitements était que je n'avais pas d'énergie, je pouvais rien faire en sachant qu'à ce moment là je cherchais encore ma voie et que je n'avais donc pas de travail, que je n'avais pas de métier passion mais que j'envisageais de faire Gendarme malgré mes problèmes.
J'ai donc décidé de les arrêter directement, de reprendre le sport et de m'entraîner pour aller à l'armée afin d'avoir une expérience et de retourner dans le civil en faisant le concours de sous-officier de gendarmerie.
J'ai donc vu un recruteur qui me parlait des différents métiers, des conditions qu'il fallait pour ces différents métiers via les résultats des épreuves.
Je m'entraînais donc quasiment tous les jours, je reproduisais les exercices, je faisais des courses d'1-2h pour améliorer mon endurance et mon explosivité, je me suis créé tout un programme, je surveillais mon alimentation et ayant des difficultés pour prendre de la masse j'achète des pots de protéines pour m'aider. Malgré tout je n'ai vu aucune d'amélioration pendant 1an mais je me disais que c'était dans ma tête.
Puis j'arrive aux examens et rien ne se passe comme prévu, j'ai un accident qui m'empêche de faire les épreuves et qui me coupent la respiration, me laissant à 70% de capacité respiratoire, j'ai donc vu un spécialiste qui m'a averti que j'étais asthmatique et qu'il était possible que mon asthme était dormant et héréditaire car mon l'était.
J'en ai donc informé mon recruteur de la situation qui a décidé de supprimer mon dossier et de m'interdit de revenir car ils ne prenaient pas les "cas comme moi". Et au final je mettais juste déplacé quelque chose dans le dos qui comprimait mes poumons.
J'ai donc décidé de passer le concours de sous-officier de gendarmerie pour ne pas déprimé davantage.
Je passe le test d'admissibilité que je réussis et je me prépare donc au tests d'admissions, incluant le test Luc Léger pour lequel j'ai reproduit le parcours à l'identique chez moi et que j'ai effectué pendant 4 mois.
Je passe donc le test et je le rate lamentablement.
À ce moment-là j'étais au fond du trou, je m'étais investi où j'avais déboursé environ 500€ que j'avais mis de côté pour me payer une voiture pour plus tard.
Je me retrouve à l'hôtel, j'en informe mes parents, ma mère est inquiète car elle sait que je n'allais déjà pas bien, mon père lui souffle car il ne comprend pas comment j'ai pu râter cet examen alors que lui ne c'était soit disant pas entraîné pour.
Et puis dans la soirée j'ai eu une envie que je n'avais jamais eu, que j'ai toujours évité car j'avais encore un peu de positivité. J'avais envie de mourir. Je me disais que je ne voulais pas car ma famille serait triste mais j'avais terriblement envie et la seule chose qui m'a évité de me jeter de la fenêtre c'était juste le fait qu'il n'y avait pas possibilité de l'ouvrir, juste ça.
2 mois plus tard j'ai rencontré une fille qui était plus âgée et qui avait l'air gentille, le feeling passait bien, j'avais l'impression d'être enfin tombé sur une bonne personne.
On se parle pendant 2 mois puis on s'est rapprochés jusqu'à ce qu'on décide de se prendre un Airbnb pour 4j, mais il y avait un truc de bizzare dans son comportement, elle était plus froide que d'habitude, je me disais que c'était parce qu'elle était stressée qu'on soit à 2 pour la nuit, je lui propose donc de ne pas dormir avec elle juste dormir sur le canapé pour la détendre un peu.
Mais elle m'a dit qu'elle était juste fatiguée et qu'elle voulait qu'on dorme ensemble, je n'y voyais aucun problème et j'étais donc rassuré que ce n'étais pas de ma faute si elle était comme ça.
On se couche, l'un contre l'autre, j'avais enfin l'impression d'être bien.
Puis je m'endors tranquillement avec sa tête sur mon torse.
Quand pendant la nuit je me fais réveiller, au début je pensais qu'elle voulait me demander quelque chose ou qu'elle voulait voir si j'étais réveillé mais enfaite elle était entrain d'utiliser mon corps pendant que je dormais.
Au début je ne réalise pas trop ce qu'il se passe vu qu'on était dans le noir et que j'étais encore dans le gaz, puis je réalise ce qu'il se passe, et je ne savais absolument pas quoi faire et je n'avais pas vraiment envie de le faire comme ça et encore moins maintenant, surtout pour une première fois.
Je me suis dit que peut être j'aurais envie si je la suivais pour qu'au final non et qu'à la fin je sois dégouté de l'avoir fait.
Au final le jour suivant je n'étais pas bien, elle s'en est rendu compte et est parti sans me reparler après.
Et j'ai compris avec les discussions que l'on avait eu qu'elle me parlait juste parce qu'elle n'avait pas eu de relations sexuelles depuis 5ans.
Quelques mois passent et je décide donc de concourir pour Gendarme Adjoint Volontaire en me disant que ça peut encore marcher et que ça me préparera bien pour passer sous-officier mais en interne.
Je passe les tests que je réussis et j'intégre donc une école pendant 3 mois.
Je suis tant bien que mal, je m'intègre aux autres comme je peux, et je m'aperçois que certains avaient des problèmes autant personnels que relationnels.
Mais apparemment personne ne remarquait les problèmes des autres, j'ai donc voulu les aider en les écoutant, et pour une fois je me suis senti utile sans pour autant être touché par leurs problèmes.
Et j'arrive aux examens finaux, je réussis plus ou moins bien les premiers et au moment d'arriver à l'examen de combat je me fais littéralement éclater le crâne par mon opposant qui était plus grand et plus lourd que moi, et je finis donc aux urgences.
Sur mon lit d'hôpital je repense à tout ce qu'il s'est passé pendant les 3 mois me disant que c'était foutu, que je n'étais pas assez fort et que ça n'a servi à rien car j'ai râté l'examen le plus important.
Je reviens à l'école, j'en parle à mon chef pour savoir si il y avait possibilité de rattraper les examens que je n'ai pas pu passer vu que j'étais aux urgences, ce qui me permettrait de rattraper ma moyenne un minimum.
Il me dit que c'était possible qu'il allait voir avec une autre compagnie arrivé 1 mois après nous pour pouvoir passer les examens avec eux.
Je me dis que ce n'est pas terminé que finalement ça peut marcher, mais aucune nouvelle et le jour des résultats arrivent et je suis dernier, sans surprises.
Je regarde les places disponibles en fonction de mon classement et je vois qu'il ne restait qu'une place en tant que pounching ball pour le GIGN, complétement à l'opposé de ce que je voulais.
À la fin de la formation le médecin militaire m'a mis en arrêt pour que je récupère de mes blessures juste avant la marche du calot et le bivouac, 2 choses que je voulais absolument faire mais que je n'ai pas pu.
Je décide donc de quitter la formation malgré tout ce que j'ai investi en me disant que ce n'est finalement pas fait pour moi et que j'ai fait fausse route.
Voilà niveau parcours j'ai quasiment tout dit, niveau psychologique j'ai toujours eu du mal à me faire des amis, à parler aux gens même si je faisais toujours le premier pas et que j'essayais d'entretenir la conversation.
Avant de faire la formation de GAV j'ai voulu passer des tests par rapport à un problème d'attention que j'ai toujours eu et qui me causait beaucoup de problèmes pendant ma scolarité et qui m'en cause encore au quotidien.
Par exemple quand j'essayais de lire ou que j'écoutais quelqu'un ou une vidéo, je l'oubliais tout de suite après. Ou encore le fait que je n'arrivais pas à me concentrer et que je ne pouvais pas finir une tâche en cours et que je jonglais entre plusieurs tâches pour ne pas m'ennuyer. Et aussi le fait que si je dois faire les courses je dois être accompagné de ma mère car impossible de trouver un produit dans les rayons même si il était en face de moi, et c'est pareil à la maison, à cause de ça les gens disent que je suis quelqu'un de passif négativement.
Et quand j'ai expliqué ça au psychiatre il m'a tout simplement répondu que ce n'était pas suffisant pour faire des tests et que ça n'en valait même pas la peine que je devrais plutôt prendre des anti-dépresseurs et tout ira mieux, chose que j'ai refusé car j'envisageais GAV et je ne voulais plus être amorphe.
J'ai toujours eu du mal aussi avec les compliments et les encouragements.
Je n'ai jamais réussi à apprécier un compliment même si il n'y en avait pas beaucoup.
Ou même les surprises, je n'ai jamais rien ressenti pour ça, comme par exemple à mes 18ans ma mère a décidé d'inviter des proches que j'aimais bien pour me faire une surprise et quand je les ai vu réuni, à me souhaiter un joyeux anniversaire, je n'ai rien ressenti, pas de joie, pas de colère, pas d'étonnement, rien du tout, je n'ai même pas réagi et tout le monde à cru que ça me faisait chier alors que non.
Un autre jour aussi il y a eu feu d'habitation dans ma rue, les propriétaires étaient déjà parti et le feu se propageait dans le grenier, en entendant le fait que mon père était parti éteindre les flammes je n'ai pas réflechi et j'y suis allé aussi.
Je n'ai pas ressenti de peur ou d'excitation, rien du tout, j'ai juste limité les dégâts avec mon père en arrêtant la progression du feu en attendant que les pompiers arrivent.
Pendant 1 semaine les gens venaient me dire à quel point c'était dangereux mais courageux ce que j'avais fait mais pour moi c'était juste un feu de grenier, pas de quoi être fier.
À ce jour, je ne ressens pas d'envie, pas de plaisir, je n'ai toujours pas trouvé de passions car je me lasse tout le temps que ce soit physiquement ou intellectuellement, je n'ai pas d'objectif, je suis incapable de connaître mes qualités et encore moins dans ce que je suis bon, je n'ai pas d'idée de métier bien que la mission locale essaye de m'aider, je ne ressens plus rien pour ma famille, je déteste mon père, je commence à détester ma mère aussi alors que c'est elle qui a le plus conscience de mes problème, et elle fait ce qu'elle peut même si elle ne peut rien et qu'elle à ses propres problèmes, je déteste les gens car je n'arrive plus à être empathique et je comprends de moins en moins les décisions des autres, mes pensées obsessionnelles reviennent chaques soirs avec des choses dont je ne veux pas me rappeler, je ne ressens plus de stress alors qu'à des moments mon coeur bat à 120 sans m'en rendre compte, je m'énerve de plus en plus, je déteste l'humain, je commence à détester les animaux, la musique ne me fait quasiment plus rien, les jeux vidéos qui m'ont aidé pendant le harcèlement n'ont plus, toutes les choses que les gens hésitent à faire alors que c'est si simple m'énervent encore plus, les débats qui n'ont aucun sens parce que personne n'agit ça aussi c'est complètement débile.
En gros je n'ai quasiment plus d'émotions ni de sentiments, à part de la colère et l'envie d'en finir même si je fais ce que je peux pour savoir ce que je veux.