Je tiens à préciser que avant que vous lisiez le texte je me suis aidé de L’ia pour poser exactement ce que j’avais sans m’embrouiller l’esprit mais c’est exactement ce que je ressens. Merci de le lire en entier et de m’apporter des conseils.
Si je prends le temps de te dire ça aujourd'hui, c'est parce que j'ai l'impression d'être passé de l'autre côté d'une vitre épaisse. Tout ce que je vois autour de moi — les gens, les bruits, le futur, même toi là devant moi — tout me paraît "faux". C’est comme si je vivais dans un rêve permanent ou dans un film dont je ne suis qu'un spectateur lointain.
Dans ma tête, c’est un paradoxe qui m’épuise. D'un côté, j'ai un empressement énorme, une pression qui me hurle que je n'ai pas de temps et qu'il faut tout réussir. Mais de l'autre, j'ai un recul glacial qui me dit que tout est éphémère, que rien n'en vaut vraiment le coût. C’est comme essayer de courir un marathon alors qu’on est persuadé que la ligne d’arrivée n’existe pas. Ça me dégoûte de moi-même : je vois le temps filer, je sais que je pourrais agir, mais je reste bloqué, incapable de "jouer le jeu" comme les autres.
Parfois, j’ai même des "déconnexions" physiques. Mon cerveau s'absente, je fixe un point, et quand je reviens, j'ai l'impression qu'un long moment s'est écoulé en une fraction de seconde. C'est terrifiant, j'ai l'impression de perdre le contrôle.
Et pour être tout à fait honnête, ce vide me donne parfois une sensation de haine. Une haine contre moi-même de ne pas y arriver, mais aussi une haine envers les autres. J'ai l'impression amère que tout le monde se fiche de ce que je traverse. J’ai le sentiment qu’on s’intéresse à moi quand je vais bien, mais que dès que je vais mal, tout le monde m’abandonne pour retrouver son petit confort personnel. Je vous en veux de pouvoir vivre si légèrement alors que je coule, et je m'en veux de vous en vouloir, parce que je sais que c'est humain de préférer la facilité.
Je ne suis pas juste "fatigué". Je suis en train de saturer. Si je parais distant ou démotivé, ce n'est pas parce que je m'en fiche, c'est parce que je suis épuisé d'essayer de rester accroché à une réalité qui m'échappe. J’ai juste besoin de savoir si, dans cet état-là, je suis encore "vu", ou si je suis condamné à rester seul derrière ma vitre.