Juste comme ca, rester bienveillant. Merci.
J’ai rencontré des filles de mon village. J’avais entre 12 et 13 ans Elles étaient jumelles. Et je me suis super bien entendu avec elle. Et j’étais souvent avec elle. Comme des sœurs. Jordan était toujours présent à ce moment-là de ma vie. Il venait parfois avec nous. On allait souvent chez moi car il y avait souvent personne. Elles m’ont fait rencontrer mon premier vrai petit copain. Quand on dit que tout est lié ! ça ne pouvait pas être plus vrai que ça. Ce jeune homme, Alexis, 16 ans (j’en avais 13) était allé dans la même école que moi. Il faut savoir que déjà au collège je m'intéressais beaucoup aux jeune homme, et que mon objectif premier était que tout le monde m’aime. Ça marchait bien, je les faisais beaucoup rire, j’étais populaire. J’avais parfois des ennuis avec mes copines qui ne comprenaient pas pourquoi je parlais avec d’autres filles. Donc je n’étais pas toujours apprécié à cause de ma sociabilité. Aussi j’avais beaucoup de facilité à rire avec les garçons, je me battait avec eux, quand on montait les marches d’escalier, on se foutait des baffes, on chahutait, on se faisait tomber. Je m’amusais beaucoup avec ça. Durant la classe, je les cherchais du regard. J’ai eu un premier amoureux qui a fini par se faire expulser de l’école. Donc j’étais toujours à la recherche d’un autre. J’ai fini par comprendre, adulte, que je cherchais juste une figure masculine, un repaire, que je n’avais jamais eu finalement. Et j’avais aussi parfois une personnalité de jeune garçon, dû au désir de ma mère quant à ma venue dans son monde. Je me sentais vraiment proche d’eux, mais je savais aussi qu’il y avait une différence entre nous. Ensuite, c’était un jeune homme dans mon bus qui était de Villette d’Anthon, ensuite un autre de Villette d’Anthon. Et vous savez quoi ? Alexis venait de Villette d’Anthon. Et ses parents avaient déménagé à Meyzieu. C’était la même bande de copains.
Donc mes copines de mon village, à 45 minutes de mon école, connaissait cette bande de copains aussi, car Alexis avait terminé dans leur lycée à elle, à 10 minutes de chez nous. L'une des jumelles, Aurélie, était sortie avec Alexis. Elle m’avait raconté qu’il l'avait “fait” ensemble. Et que c’était trop bien ! Ce qui a suscité beaucoup de désir chez moi. Alors j’ai essayé aussi avec lui. Alexis était ravi d’être avec moi puisque je disais amen à tout. Il le savait. Il voyait que je me forçais parfois. Mais comme c’était le premier qui me disait “je t’aime” alors je lui donnais tout mon Être. Parfois je ne voulais pas, il faisait la tête. Par peur de le perdre alors j’y allais quand même.
Un jour avec les filles on décide de tous aller chez moi, la maison était vide comme souvent. Beaucoup de musique, de l’alcool amené par les garçons, une piscine, on avait mis un sacré basard. Alexis me propose d’aller nous allonger dans ma chambre. Alors nous y allons. J’étais stressé, je savais qu’il pouvait ce passer des trucs pas corrects, mais avec l’alcool et tout le reste j’étais un peu perdu. Et puis on se couche, il met 2 doigts, la douleur est atroce. Je me souviens que mon corps n'avait pas du tout envie. Mais que je voulais paraître pour une fille “cool” et “grande” alors je n’ai rien dit. Très rapidement, TROP rapidement, il est monté sur moi il a rentrer son sexe. C’était d’une violence ! mais j’étais incapable de le repousser. Car une partie de moi en avait envie. Mon égo certainement. Et des vas et vient interminables, il y en avait pas eu beaucoup, seulement quelques uns pour laisser sevacuer du sang. Et là je lui ai dit d'arrêter et de redescendre immédiatement. La suite de cet événement est assez vague. Mais je me souviens d’avoir arrêté la fête et de leur demander de partir.
Suite à ça notre relation était basée sur ça : il m’aime donc je fais. Même jusqu’au plan à 3. Je n’avais pas du tout envie. A 13 ans, faire un plan à 3 je peux vous garantir que ça a été très dur. Mais j’avais un tel dévouement. Et puis il savait y faire ! Le matin de sa proposition (évidemment par sms) je lui avais dit non. Il m’a alors dit que lui et moi c’était terminé. J'ai essayé toute la journée de lui parler. Il ne répondait pas du tout. Et j’étais au plus mal ! Alors en fin de journée j’avais fini par accepter. Et puis il a fini par me répondre qu’il avait eu un problème de téléphone. Mais qu’il était content de lire que j’avais accepté. Un samedi soir avec son copain ils sont venus. J’étais tellement stressée et dans l’angoisse. Mais je me sentais de toute façon tellement seule, que j’étais prête à tout pour avoir sa compagnie. Alors je les ai fait entrer. Ils ont amené de l’alcool. J’avais fini par dire que je ne voulais plus le faire. Il avait ramené du joint, je leur ai dit que j’étais fatigué et qu’il fallait que j’aille me coucher dans ma chambre. Alexis a fini par me rejoindre. Nu. Donc j’ai accepté de le faire. Son pote nous a rejoint. Nu. J’ai fini rapidement avec Alexis. La taille du sexe de son pote était tellement large et grande que j’ai fini par dire que je ne pouvais pas. Mais je me souvient quand même que cet ami m’a embrassé et caresser aussi. J’ai pris une douche. Son ami tente de me rejoindre. On s’embrasse. Il prend ma main, essaie de ma la déposer sur son sexe mais je la retir, je sors de la douche, j’attrape une serviette, en leur demandant de s’habiller je le fait aussi. Et puis je redescends. Les attendant sur le canapé. Ils descendent et me disent “bon bin nous on y va hein”. Et pouf, tout s’écroule autour de moi. Je me sens engloutis, rattrapé, même étouffé, noyer dans cette solitude et ce chagrin. Et dans cette honte que j’ai de moi à ce moment-là. Et aussi cette impression de m'être fait berner. Et en même temps le voile qui était devant mes yeux commence à se retirer.
Je me souviens que j’étais resté malgré tout en contact avec Alexis. Jusqu’au jour où je lui envoie un message d’amour. Nouveau numéro : “Pour qui tu te prends d’envoyer un message comme ça à Alexis. C’est mon petit copain ? Il me dit que tu n'arrêtes pas de le harceler ! Tu veux que je vienne te péter la gueule ?”. J' envoie de nouveau un message à Alexis. copier coller du message que je viens de recevoir puis “tu peux m’expliquer”. Réponse : “j’ai une copine depuis toujours et je l’aime énormément. Je suis amoureux d’elle donc s’il te plaît arrête de m'écrire”. Après vérification sur facebook, en effet il avait une petite copine. Et je n’étais tout ce temps ue un pion. Cette relation a durée 1 ans et demi a peu près où ce gars était simplement là, à profiter de ma faiblesse.
Donc plus du tout de contact avec lui jusqu'à il y a moins de 1 an. Je scrole sur un application de rencontre, like, deslike. Bref. Un match. Avec lui ! Je ne l'avais même pas reconnu sur le coup. Un message de Alexis : " Ca va (mon prénom) ?". Alors que seul mon surnom était indiqué . J'ai supprimé le match et toutes les applications. Et depuis 8 mois je suis avec mon chéri avec qui ca ce passe super bien.
Aujourd'hui j'ai 30 ans. Ca fait 3 ans que je suis en thérapie, j'ai subis plusieurs typologie de traumatisme. Dont en premier lieu de la violence physique et verbale de maman, de l'abandon à 7 ans de mon papa. Et je viens de raconter la première fois où je me suis fait violer. Il y en a eu d'autre aussi, de typologie différente. J'ai avancé grâce à mon cerveau, qui a toujours était dans l'instinct de survie. Le choc posttraumatique est surtout que mon cerveau avait totalement occulté ses souvenir. Lorsque j'y repense et que je l'écris je n'ai pas particulièrement de souffrance car j'ai l'impression de vous raconter une histoire qui n'est pas la mienne. Comme lorsque ses souvenirs sont revenue. J'avais l'impression de regarder un film dans lequel j'étais l'actrice principale. Ils sont revenue grâce à 1 ans de thérapie.
Aujourd'hui ma souffrance est surtout sur le fait que je reste constamment en hypervigilance. Et c'est finalement ca le plus dure. Alors que dans ma vie actuelle ca va, je suis plutôt heureuse. Je cherche quand même constamment la petite bête et j'ai parfois la sensation de m'autodétruire comme si je ne m'autorisais pas a être heureuse ou que j'avais peur d'aller vers mon vrai bonheur. Toujours en plein doute de tout, malgré 3 ans de thérapie. Il y a beaucoup de mieux, j'ai compris plein de choses, j'ai déconstruit pleins de choses aussi. Mais voilà.