À force de shorts et de vidéos, mon esprit agonise, mon inventivité se désagrège, ma patience n'est plus qu'un lointain souvenir.
Pour preuve, ces mots ont failli ne pas exister... tenté par la facilité de l'icône YouTube, mon doigt s'est presque laissé glisser.
Cette note n'est que le fruit d'une erreur de trajectoire. Mon pauvre pouce, si fatigué de scroller, n'arrive même plus à viser.
Ma vie, si jeune et pleine d'énergie, commence à ralentir ! Je cherche mes mots, pire ! Je perds mes mots !!
Ce que j'ai appris glisse inéluctablement dans les tréfonds de ma mémoire, ensevelis par toutes les informations futiles, format portrait et de moins d'1 min 50, que je regarde à longueur de journée. La flemme, cette amie perverse, me tient la main depuis trop longtemps.
Pour être honnête, je ne sais même plus qui, d'elle ou moi, dirige réellement mon quotidien. Je me laisse guider à la dérive, sans but et sans conviction. 22 ans et déjà battue par les circonstances, je deviens victime de mon existence. Si tragique, on pourrait en faire une série si seulement ce n'était pas mortellement banal : le quotidien de toute une génération.
Jour après jour, je remplis de petits cahiers bien décorés de "to-do lists" et "did-it lists" comme si l'encre de mes mots allait, comme par magie, venir me tirer vers la productivité.
À me lire, on pourrait croire que c'est fini. La fin est là. Il ne reste qu'à attendre, assise à côté d'une prise pour ne pas manquer de batterie.
Mais si j'écris, c'est bien pour ne pas oublier et pour me prouver que NON. C'est compliqué et la volonté se fait dure. Elle se cache et attend d'être courtisée convenablement pour sortir le bout de son nez. Il faut faire preuve de patience, de modestie et de persévérance pour espérer la conquérir.
J'y travaille. J'ose avouer que c'est souvent compliqué. Que je commence souvent pour abandonner dans la foulée. Mais cette note est la preuve que la bataille continue et que rien n'est perdu.
Et pour être claire, car tout cela est bien pessimiste : il est tard et je suis fatiguée. Je voulais regarder un short et j'ai fini par écrire, donc je n'ai parlé que de ça... mais j'estime que ma vie se passe assez bien et que ma motivation aussi. On en parlera une prochaine fois, pour l'heure c'est bien suffisant.
Bonne nuit.