u/Alexeet

Je sais que des gens qui me connaissent irl sont au courant de ce compte reddit mais je m'en tape royalement vu le point ou j'en suis.

Je ne vois pas de raison de continuer.

Je n'ai pas littéralement envie de mourir, mais de ne plus vivre, si. Je ne veux pas avoir a vivre encore des journées sans fin ou la seule certitude c'est la souffrance permanente.

Je suis en dépression très très importante depuis plusieurs années, en continu, sans jamais que ca s'arrange. J'ai des pensées suicidaires presque tous les jours (jamais de mise a l'action) et malgré les antidépresseurs, rien ne change. Je me noie dans les pleurs plusieurs fois par semaine en essayant de ne pas faire trop de bruit pour ne pas alerter mon entourage.

J'ai malgré tout obtenu un master, et suis aujourd'hui ingénieure dans une startup depuis 3 ans.

J'ai toujours été très, trop différente des autres personnes, à tout stage de ma vie. À aucun moment je ne me suis sentie normale. Je suis autiste, tdah, hpi, trans, très anxieuse socialement. Voilà, la belle brochette qui continue à se carboniser sur le barbecue de la vie.

Vie qui est profondément ruinée par les ravages de la puberté masculine. Je ne passerai jamais. Je ne serai jamais perçue comme une femme cis. Je ne me percevrai jamais comme ça sans me souvenir des traumatismes immenses et structurels qui me font partie. Je ne sais pas pourquoi, mais mon cerveau est comme ca. J'ai pas choisi, mais il y a une boîte noire qui s'est activée à 17 ans et qui a commencé à me détruire de l'intérieur lorsque la vision de moi n'était pas au féminin. Je n'ai pas d'explication. C'est horrible. Terrible. Humiliant de stupidité.

J'ai 25 ans, et j'ai stoppé mon système endocrinien d'usine il y a un an pour ne pas me donner la mort de si tôt, mais c'est déjà trop tard. Les marques indélébiles sont là, l'histoire est là, la société est là. Ce corps meurtri et difforme est là et impossible d'y échapper.

Je prie chaque jour que ce soit un cauchemar, que je me réveille, ou alors qu'on découvre un remède parfait dès demain. Mais non, la réalité est crue, avariée, pourrie à en vomir. Je suis née dans un corps d'homme destiné à se morfondre en monstre et ce n'est que trop tard que je l'ai compris; j'ai pris 7 ans avant de faire le premier pas.

À cette dysphorie découverte que trop tard s'ajoute ma neuroatypie. Je sais ce n'est pas un concours, mais ca suffit à profondément m'handicaper.

Je ne peux rien faire. Littéralement. Chaque tâche ou activité me demande un effort monstre. M'habiller, déjeuner, aller au travail, (ne pas) travailler, interagir avec les collègues, rentrer du travail, manger, m'occuper de moi... Alors ne parlons pas des choses plus difficiles comme prendre des rendez vous médicaux, trouver des psys, m'acheter une voiture, trouver un logement, acheter des choses, faire mon coming out... C'est tout simplement insurmontable sans aucun but final ou moindre picogramme de sérotonine à l'arrivée.

Mes hobbies ne me procurent aucun plaisir, je n'ai aucune motivation, aucune énergie, aucune envie, aucune créativité. Aucune vie. La seule chose que je peux faire, c'est écouter de la musique. Je suis presque persuadée que mon cerveau n'a plus aucun récepteur de joie et d'envie, rongés par la dysphorie et la dépression.

Je n'ai aucun avenir en tête, aucune envie, aucune projection, que de la souffrance à chaque coin de mur, à chaque pas, à chaque mot. Ma personne est profondément impropre à la vie, qu'elle soit personnelle ou en société. Je ne vois pas pourquoi continuer dans cette vierge de fer impossible à vivre que sont mon corps et cerveau.

Ma mémoire est aussi profondément impactée, et je ne reconnais pas la personne que j'étais il y a un mois, un an, cinq ans. Je ne me souviens de rien, ni de mon enfance ni de la semaine dernière. Je ne me souviens pas non plus des réflections que j'ai eues et suis donc condamnée à revivre la même souffrance tous les jours quand à mon genre.

Je n'en peux plus, mais je n'ai meme pas assez d'énergie pour être fatiguée. Mon cerveau est mort, à chercher l'apoptose, le réconfort du rien, et à ne pas le trouver.

Désolée des fautes de frappe / orthographe.

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u/Alexeet — 17 days ago