Je me rend bien compte aujourd'hui que je ne suis plus la même personne qu'en 2019 :)
À l’époque, mes émotions contrôlaient complètement mes actes. Ma peur du rejet, de l’abandon et de la solitude me poussait à devenir envahissant, obsessionnel et parfois malsain dans mes relations. Je ne respectais pas assez les limites des autres parce que j’étais incapable de gérer mes propres angoisses. Toute mon existence tournait autour du besoin d’être aimé, rassuré et choisi. J'avais heureusement loupé une TS en 2019, encore aujourd'hui je me rend compte que si le hasard ne c'était pas pointé je ne serai pas entrain d'écrire ces mots, cela m'effraie quand j'y repense.
Aujourd’hui, je vois clairement mes erreurs. Je comprends enfin que je n’étais pas réellement amoureux dans certaines relations : j’étais surtout dans une dépendance affective énorme, nourrie par mes traumatismes, mon isolement social et mon manque de confiance en moi. Je cherchais chez deux seule personnes toute la stabilité émotionnelle que je n’arrivais pas à construire seul.
Je ne suis plus cette personne en 2019 au FJT qui harcelait de messages, qui voulait tout contrôler ou qui faisait reposer son équilibre mental sur une seule relation. Tout a changé quand j'ai quitté le FJT en fin 2019. J’ai appris à prendre du recul, à respecter la distance et à accepter qu’on ne peut pas forcer quelqu’un à rester dans sa vie.
L’épisode avec ma première ex en 2023 que je fréquenter au boulot m’a beaucoup fait évoluer. Au début, elle me séduisait énormément et j’ai recommencé à développer un attachement émotionnel trop fort. Mais contrairement à avant, j’ai réussi à observer la situation avec plus de lucidité. J’ai compris qu’elle jouait avec les gens, qu’elle manipulait facilement et qu’elle avait un comportement toxique. Avec l’aide des moniteurs d’atelier et de mes propres réflexions, j’ai réussi à prendre mes distances sans replonger complètement dans une obsession destructrice. A ce moment là je peux même dire que j'étais en avance par rapport a la majorité de mes collègues qui ne voyait pas en elle quelqu'un de toxique et qui l'on compris que deux ans plus-tard à leurs dépends. Il y a quelques années, j’aurais probablement sombré à nouveau. Aujourd’hui, j’ai réussi à poser des limites et à protéger ma santé mentale.
Le plus important, c’est que j’ai arrêté de fuir mes responsabilités. Pendant longtemps, je me voyais uniquement comme une victime blessée par le harcèlement scolaire du collège et mon passé familial. Aujourd’hui, je suis capable de reconnaître que mes blessures ont aussi fini par blesser d’autres personnes même celles que j'aimer. Ce n’est pas agréable à admettre, mais c’est nécessaire pour avancer.
Je reste quelqu’un de sensible, anxieux et très attaché émotionnellement, qui rêve toujours du grand amour. J’ai encore peur du rejet et je souffre parfois de la solitude, surtout affective. Mais je me connais beaucoup mieux qu’avant. Je vais plus doucement dans mes relations, je fais attention à ne pas reproduire les mêmes schémas, et j’essaie de construire des liens plus sains.
Aujourd’hui, ma vie est beaucoup plus stable. Je vis seul à Caen depuis plusieurs années et j’aime cette indépendance. J’apprécie mes promenades dans ma ville, les bars tranquilles, les sorties vers la côte normande ou les balades dans la forêt et la campagne. Je travaille en ESAT depuis 2020 en menuiserie, où je continue à progresser mais mon projet et désormais d'aller en Entreprise Adaptée. Récemment, j’ai même fabriqué trois meubles diverses sans plan, simplement avec mes idées et mon expérience. Cela m’a fait prendre conscience que j’étais capable d’aller plus loin professionnellement et que j'avais vraiment plus ma place en ESAT, tous les professionnels de l'ESAT le disent sauf le directeur qui y a un intérêt financier.
Je continue aussi le théâtre que j'ai commencé en 2020 et je vais chaque vendredi soir à une association pour faire du jeu de rôle, des jeux de société et de la cuisine. Même si je ne m’y suis pas encore fait de vrais amis, je fais l’effort d’aller vers les autres et de participer sans me forcer. C’est quelque chose dont j’aurais été incapable il y a plusieurs années.
Je suis encore pas vraiment quelqu’un de parfaitement équilibré, je manque clairement de discipline dans mon alimentation par exemple, mais je ne suis plus perdu comme avant. J’ai appris à vivre avec mon passé sans le laisser contrôler toute ma vie. Aujourd’hui, j’avance plus lentement, mais aussi beaucoup plus sainement.
Le hasard a fait que la semaine dernière une personne qui m'a connu en 2019 m'a fréquenter (par obligation vu qu'on est dans la même association) et il était très surpris de l'évolution que j'ai effectué sur moi-même, "tu n'est plus le même type que j'ai connu en FJT, sauf pour le visage" ce qui a souligné ma fierté personnel.