u/Goratra

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Des années d’exploration, perdu dans les méandres de mon intériorité, m’ont permis de retrouver une essence inattendue : ma sensibilité. Ce fruit défendu n’est qu’un bruit dérangeant chez les hommes de notre temps. L’étendue des émotions est troquée, dans le crépitement des foyers, contre une rigidité de mise. De père en fils se transmet ce secret. La force est promise à celui qui ne ressent pas. « Ne t’abaisse pas à l’analyse de ces déesses d’apparat, qui transforment en cinéma de simples aléas. Sois fort et ne te dévoile pas, c’est ainsi que tu grandiras. »

Ces enseignements occultes transforment les miracles intérieurs en banquise de silence. Le temps passant, l’armure promise s’alourdit, et des émotions ne demeure qu’un vide béant. Une pluie de suie pourrait s’abattre sur autrui sans que ces titans de silence ne deviennent défaillants. La graine glaciale de l’indifférence est si profondément ancrée… Cette cabbale masculine transforme en gloire d’apparence la sécheresse du détachement. La caresse de la douceur se mue en vice, l’homme devient chasseur de ces maléfices sensitifs, sans constater qu’en ses abysses se cachent d’immenses édifices.

Texte intégral : https://open.substack.com/pub/gaveleo01/p/le-mensonge-de-la-virilite?r=7v3c1t&utm_campaign=post&utm_medium=web&showWelcomeOnShare=true

u/Goratra — 14 days ago
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Seul demeure le Silence au centre de l’être. Le souffle du Vide a abrasé ma conscience, et ne restent que les simagrées tranquilles d’un esprit sans fondement. L’absence témoigne de la disparition. Quand plus rien ne subsiste, des émotions explosives ne pesiste qu’un lointain souvenir, et les pensées semblent s’immerger dans une introspection apaisée. Le Silence est Vide, et peut-être est-ce cela le langage du Divin ?

Texte intégral : https://open.substack.com/pub/gaveleo01/p/lalchimie-des-mots?r=7v3c1t&utm_campaign=post&utm_medium=web&showWelcomeOnShare=true

u/Goratra — 17 days ago
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Je vogue une fois de plus de de méandres en abîmes. Cette ankylose cyclique est sorti du long sommeil dans lequel elle se terrait. Tout autour de moi s’est effondré, et rien ne semble cette fois pouvoir s’ériger pour le remplacer. C’est si lent, si inerte… Pourtant, au fond des ténèbres, je suis porté par un fil lumineux. Je ne vois aucune issue, tout ne me semble être que destruction. Mais cette vague présence, ce fil d’Ariane tendu vers l’avenir, me retient de tout abandonner. Le morne paysage semble statique, mais quelque chose avance néanmoins. Mes sens sont à l’arrêt. De mes visions ne demeure qu’un vaste océan trouble, pourtant mon cœur brille de son côté. Porté par les notes silencieuses d’une promesse de simplicité. Quand il ne reste rien, on est enfin à même de tout recommencer.

Texte intégral : https://gaveleo01.substack.com/p/depression-de-papier?r=7v3c1t

u/Goratra — 18 days ago
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Et si l’architecture du réel se dévoilait par la grâce des mots plutôt que par l’ingénierie de la science ? Les poètes seraient sûrement les constructeurs de cathédrales de silence, et l’imagination la clé de voûte d’un vaste édifice de papier. J’aime penser que nous avons plus d’influence que celle acquise par la reconnaissance. Où même le plus petit vers pourrait être une pierre angulaire de la construction d’un univers.

La liberté de pensée me semble être la grande absente de l’Occident. L’âge adulte est ainsi un égrégore d’apparence, où l’enfance devient de force contrainte de se cacher. Il est comme une honte sordide de ne plus être ce qu’un bref instant nous incarnions : un esprit simple et joueur, capable de révéler par son flux de pensée infantile les failles des grands humains qui l’accompagne.

Le temps faisant, la tapisserie de notre évolution vient remplacer la simplicité. Il est une façon de penser que nous sommes tous contraints d’adopter. Le saint sérieux des adultes n’est-il pas le prix à payer pour acquérir la maturité ? Pourtant, il me semble qu’une essence est égarée en chemin, progressivement oubliée jusqu’à disparaître intégralement chez certains.

Pourquoi les joies simples de l’enfance devraient-elles porter le manteau de la honte ? L’enseignante aux mille visages qu’est la mort, cette sainte vêtue de haillons, nous observe tous. Alors, ne serait-il pas plus aisé de s’inspirer de ceux qui n’en ont pas conscience ? Ceux-là mêmes qui ne chantent les louanges de la vie autrement que par leur propre existence ?

L’enfance, cette inconnue offerte aux yeux de tous, me semble être la réponse à bien des simagrées. Pourtant, malgré ces mots d’espoir teinté, je ne suis moi-même que le réceptacle d’un adulte désœuvré. De méandre en abysse, je vogue sur le fil tenace d’un Styx de dépression. J’observe ces joyeux lurons à distance, par la lucarne de mon esprit esseulé. Et… je dois dire qu’ils m’inspirent. J’ai l’impression d’avoir tant perdu, d’effondrement en apparence factice, qu’il me reste tout à retrouver.

Et pour reconstruire cet univers de papier, pour œuvrer à ma cathédrale de songes qui, le temps d’un instant, s’est retrouvée désertée, c’est d’eux que je souhaite m’inspirer. Ces petits sages oubliés qui chantent la douceur d’un monde qu’adultes, nous avons égaré.

https://gaveleo01.substack.com/p/ode-a-lenfance?r=7v3c1t

u/Goratra — 19 days ago