
Des années d’exploration, perdu dans les méandres de mon intériorité, m’ont permis de retrouver une essence inattendue : ma sensibilité. Ce fruit défendu n’est qu’un bruit dérangeant chez les hommes de notre temps. L’étendue des émotions est troquée, dans le crépitement des foyers, contre une rigidité de mise. De père en fils se transmet ce secret. La force est promise à celui qui ne ressent pas. « Ne t’abaisse pas à l’analyse de ces déesses d’apparat, qui transforment en cinéma de simples aléas. Sois fort et ne te dévoile pas, c’est ainsi que tu grandiras. »
Ces enseignements occultes transforment les miracles intérieurs en banquise de silence. Le temps passant, l’armure promise s’alourdit, et des émotions ne demeure qu’un vide béant. Une pluie de suie pourrait s’abattre sur autrui sans que ces titans de silence ne deviennent défaillants. La graine glaciale de l’indifférence est si profondément ancrée… Cette cabbale masculine transforme en gloire d’apparence la sécheresse du détachement. La caresse de la douceur se mue en vice, l’homme devient chasseur de ces maléfices sensitifs, sans constater qu’en ses abysses se cachent d’immenses édifices.
Texte intégral : https://open.substack.com/pub/gaveleo01/p/le-mensonge-de-la-virilite?r=7v3c1t&utm_campaign=post&utm_medium=web&showWelcomeOnShare=true