[Témoignage et recherche d'aide] une petite histoire dans la fonction publique territoriale
AVERTISSEMENT : pavé de presque 10 000 signes, un peu de jargon administratif, du mille-feuille/organigramme hiérarchique bien lourd, et beaucoup d'absurdité . Bienvenue dans la maison des fous la FPT, biche.
Bonjour reddit.
J'aurais bien besoin de l'aide de la communauté dans mes déboires professionnels, si tant est qu'on puisse y faire quelque chose.
Je suis pour quelques temps encore cadre contractuel dans la fonction publique territoriale (chef adjoint d'un service ). Je faisais bien mon boulot et devais être renouvelé sans fioritures dans mon poste à l'issue de ma première année de fonction ("le contrat est prêt " dixit les RH en juin dernier ). C'était une liberté prise par ma collectivité concernant les procédures de recrutement des agents, liberté mise à mal par le préfet nommé l'été dernier, qui a souhaité porter un intérêt particulier au respect de ces procédures. J'ai donc dû recandidater à mon poste, comme tous les autres contractuels dont le contrat arrivait à échéance.
Ça a été une merde sans nom a priori . Les candidatures pour mon poste devaient être envoyées fin août au plus tard , et je n'ai été convoqué à mon entretien qu'à la mi-decembre, il a fallu que la collectivité fasse des avenants à mon contrat pour aller au bout de la procédure et, finalement, organiser mon départ et la mutation de mon remplaçant.
Car malheureusement , un titulaire à un poste de rédacteur dans ma collectivité, qui avait passé et obtenu son concours d'attaché, cherchait un poste à hauteur de son concours, et c'est tombé sur celui que j'occupe. J'apprendrai plus tard, après avoir été rassuré (à dessein ) et maintenu dans l'ignorance, qu'un titulaire jugé apte au poste serait fatalement prioritaire sur un contractuel . J'aurai tout donné malgré tout à mon entretien, avec des retours d'élus qui étaient prêts à défendre mon maintien. Mais la décision finale est revenue au DGS et au DRH, et mon "rival" s'était syndiqué en même temps que de postuler, bizarrement.
En parallèle de cela, l'assistante de direction de mon service a été mutée dans un autre service sans être remplacée dès septembre, et j'ai dû récupérer quelque chose comme les 2/3 des tâches de sa fiche de poste. C'était prévu depuis plusieurs mois, mais le calendrier d'activité de mon service n'a pas permis d'effectuer un tuilage adéquat, notamment concernant la gestion de la régie financière. J'ai couru après une formation du CNFPT pour compenser ça , mais c'était bidon (comme souvent), essentiellement du théorique , là où j'aurais plutôt eu besoin de savoir comment programmer des prélèvements automatiques sans me taper des pdf incompréhensibles et/ou pas actualisés.
Alors j'ai cherché à me faire tuiler par un autre régisseur de la collectivité . Il y en avait un avec qui ça aurait été idéal, grosse activité juste avant la période où la régie de mon service allait commencer à rentrer de l'argent. J'avais la bénédiction du chef de la direction de nos deux services (et qui était un soutien à ma cause, mais il est parti sans être remplacé avant mon entretien), mais cette personne est allée pleurer aux RH pour ne pas avoir à le faire , parce qu'elle candidatait à mon poste et qu'elle estimait que c'était "délicat "(oui, c'était le fameux titulaire). Les RH ont donc demandé à mon chef de service de me dire que c'était pas possible , sans en expliquer la vraie raison, sauf que lui pour le coup, il est intègre, et j'ai donc su.
Pour les autres régisseurs ? Pas le temps pour ça/pas d'activité à cette période, juste une aide annexe sur un autre aspect de la tâche (mais c'était déjà bien sympa de la part de cette personne-ci).
Pas le choix, je devais me démerder seul, appréhender des process que je ne maîtrisais pas tout en menant de front le reste. Je suis arrivé à mes fins mais j'en suis ressorti dûment fragilisé, dégoûté de la tâche, et malgré tout du travail en retard.
J'apprends finalement en janvier que je ne resterai pas en poste, mais qu'on souhaiterait me garder. J'ai eu un rdv avec le DRH et le DGS en février pour préparer ça. Mon DGA (le chef juste en dessous du DGS ), autre soutien à ma cause, devait en être aussi , mais il n'était pas là (j'ai appris plus tard qu'il était régulièrement écarté de sujets qui le concernait, et qu'il semblait inquiet...). Ça commençait donc mal, et ça n'allait pas s'améliorer , avec la répétition d'excuses et de justifications juridiques qu'on m'avait déjà servi, et un gros mensonge du DGS qui me dit qu'il n'intervenait pas dans les décisions des juries de recrutement...
Deux postes allaient s'ouvrir au recrutement dans un autre service de la même direction, dont celui que mon successeur va lâcher, et c'était là qu'ils voulaient me ranger. Dans les deux cas j'étais moins bien payé, et je devais de nouveau postuler, repasser des entretiens, sans garantie qu'un autre titulaire qualifié d'ici ou d'ailleurs ne viennent postuler. C'était tout ce qu'ils avaient à me proposer, et j'étais poussé à postuler aux deux, même si l'un d'entre eux était juste hors de propos pour la préservation des restes de ma santé mentale .
Dans la foulée de ce rdv en février avec ces deux illustres merdes, j'ai mis un genoux à terre et je me suis mis en arrêt, je n'avais plus la force d'être dans le déni de mon burn out. Je ne reviendrai au travail que fin avril en mi temps thérapeutique, malgré les réserves de mon médecin traitant, de la médecine du travail et de la psy que j'ai commencé à voir, parce que je n'allais pas pouvoir assumer un demi-salaire jusqu'à la fin de mon contrat.
Bien qu'il était évident avec le recul que c'était une idée de merde (mon état ne m'aidait pas à être lucide), j'ai gaspillé mon énergie à candidater au seul poste qui était acceptable pour moi. Les RH m'ont convoqué en mars pour l'entretien (dans des délais rapides cette fois), sans date alternative , à un horaire bien matinale. Autant dire que j'étais l'ombre de moi-même pour cet entretien, avec un jury de juste deux personnes en face (DRH+chef du service concerné , pas d'élu vu que les élections municipales étaient à peine passées et que leurs attributions n'étaient pas encore votées), et que je ne pouvais le préparer autrement qu'avec le cul dans mon état. J'ai vite été averti que je n'étais pas retenu .
Et nous voici donc à aujourd'hui, j'ai donc repris le taf à mi-temps, et comme l'avaient prédit les spécialistes que j'ai consulté , j'en chie, même avec les ponts.
Mon équipe aussi en chie, la hiérarchie n'a rien fait pour adapter le service à la situation, et j'ai donc eu le plaisir (/s) d'assister au craquage de deux de mes agents la semaine dernière, juste avant le week-end. L'un ne s'est pas présenté aujourd'hui , l'autre est venu, bien que j'ai eu l'impression de faire face à un automate dysfonctionnel : il m'a demandé cinq fois la même chose d'affilée , j'ai été obligé de réfléchir à une manière délicate de le lui faire remarquer après lui avoir apporté quatre fois la même réponse ... Ça mise à part, il m'a dit aller bien, et a minimisé ce qu'il s'était passé avant le week-end (on n'était pas loin d'un remake de l'exorciste, mais à part ça , qui s'inquièterait ?).
J'ai voulu faire un signalement aux RH, puis outre le fait qu'il risquait de très mal le prendre, je me suis souvenu...
Ça se finirait probablement dans le bureau d'une personne des RH dont le rôle est d'écouter et accompagner les agents en souffrance, en garantissant la confidentialité des échanges et la neutralité. Je suis passé par là à la fin de l'année, avant l'entretien pour garder mon poste, alors que j'avais déjà subi plusieurs mois d'anxiété quant à mon avenir. Gentille personne, c'est elle qui a fini par me confier que les candidats titulaires jugés aptes au poste était prioritaire sur les contractuelles . Elle m'avait invité à demi-mot à laisser tomber si je n'étais pas prêt à encaisser une déception.
Problème : j'ai appris plus tard par hasard que cette personne entretiendrait une liaison avec le DRH. Rien de concret pour le prouver, juste des témoignages indépendants qui se recoupent. En attendant , vu qu'il n'y a rien non plus pour dissiper les soupçons , j'ai fatalement un gros doute sur la confidentialité et la neutralité qu'elle est censée garantir....
Voilà toute l'histoire , fatalement épurée de 1000 autres détails, parce que c'est déjà bien trop long.
Qu'est-ce que je demande résultat ? Deux options :
Des conseils, l'espoir d'une piste vers un peu de justice au milieu de cette boucherie (Je précise que le seul syndicat représenté dans la collectivité oscille généralement entre sieste et corporatisme pro-titulaires, mais Il peut toujours être utile pour les collègues du coup), un peu de nuance dans les affirmations des RH quant à la priorité des candidats titulaires sur les contractuels peut-être ? J'ai eu deux ou trois connaissances pour me dire que c'était l'argument commode derrière lequel la hiérarchie se cachait, et qu'il y avait peut-être quelque chose à attaquer (ou défendre , je sais plus) quand même . EDIT: peut-être un moyen de faire confronter les deux hierarques inutiles à leurs magouilles? Pour moi l'avenir dans cette collectivité me semble foutu, mais y'a peut-être moyen que ces deux saloperies paient leur part de pots cassés .
À défaut...un témoignage de sympathie ? Une photo d'un bol tiens, vu que la version officielle , c'est que j'en ai pas eu (mon équipe non plus ). Ça sera toujours mieux qu'un "désolé tu peux rien faire, passe à autre chose", parce que je vais devoir attendre d'être moins en colère et plus en poste avant de considérer cette option (je ne suis pas du tout à l'abri de vivre quelques dingueries supplémentaires d'ici la fin de mon contrat du reste).
En tout cas bravo, vous voilà enfin arrivé au bout du pavé. Cela témoigne d'une grande patience et d'une tolérance remarquable à l'absurdité . Avez-vous déjà pensé à rejoindre la FPT ?