u/-Nymphomaniac-

Bonjour,

Je traverse une période assez difficile dans la vie doublée d’un dilemme romantique, et j’aurais besoin de vos conseils.

Pour résumer, on était fwb avant de décider de se mettre en couple. J’étais prête à faire des sacrifices car j’avais l’impression d’avoir trouvé mon âme sœur, tout en restant très consciente de son côté très “vanilla”. On vit désormais ensemble.

Avant ça je venais de sortir d’une longue relation (monogame également) qui, bien que gratifiante sexuellement, ne mavait pas apporté grand-chose et m’avait vidée de toute vitalité.

Ironiquement, alors que j’en reprenais, un récent burnout a remis une pièce dans la machine - un désir extrême d’être abusée. Moi j’ai essayé : je lui ai écrit (extraits ci-dessous), expliqué de vive voix, mais j’ai fini par réaliser que l’on ne peut pas "créer" la déviance chez l’autre.

“J’aspire à vous appartenir, peu importe qui ou comment — pute, esclave, domestique, amante, maîtresse, étudiante, otage.

[…]

Une âme fatiguée et assoiffée de la cruauté, je ne demande simplement qu’elle me soit infligée par celui que j’admire le plus.”

“Je me suis à peine convaincue lorsque j’ai décidé de te consacrer le reste de ma jeunesse. Un choix entre la luxure et lintelligence, dis-je, et puisque le précédent m’a tant fait souffrir, inutile d’y ruminer. « L’amour, c’est que tu sois pour moi le couteau avec lequel je fouille en moi. » Baise-moi avec un couteau ! Découpe-moi les entrailles ! Viole-moi, viole-moi…! Je suis tiraillée entre la raison et l’amour. Je veux être aimée avec un couteau. Je vais me rendre malade.”

J’ai déjà expérimenté les relations libres, ce qui s’est très mal terminé. Pourtant cela semblait être le seul remède faisable dans cette situation.

Face à mon état critique, il a accepté que je voie d’autres personnes sous le titre d’une relation ouverte, dont le statut reste flou jusqu’à présent. À part la question de la jalousie évidente, il m’a dit que c’était comme si je lui tendais un miroir, pour lui dire qu’il devrait aussi profiter de ce titre, alors qu’il n’en ressent pas le besoin. Il dit vouloir échapper à la banalité, mais n’éprouve très peu du désir d’altérité ou alors un blocage. J’en souffre par excès.

Je crains que sans équilibre cela ne finisse mal pour nous deux. La nature de mon désir est égoïste, mais après tout, l’amour = le sacrifice ?

UPDATE :

j’ai reçu une lettre de trois pages dans laquelle j’ai retrouvé des extraits de notre correspondance depuis le début de notre relation, et j’ai énormément pleuré en lisant chaque page. Pas pour pleurer le passé, mais par honte envers moi-même de ne pas avoir vu la lumière, des mots dont je suis tombée amoureuse et qui, j’en suis convaincue, éclairent notre chemin.

Merci pour vos commentaires, même aux trolls qui ne comprennent pas la complexité de la sexualité humaine, et même à ceux qui essaient de me draguer parce que SexualitéFR = sexy, bien sûr

Mention honorable pour “Madame Bovary trash”, je vous laisse avec un extrait des Fragments d’un discours amoureux de Barthes, qui me semble plutôt approprié :

Annulation.

Voilà donc l'autre annulé sous l'amour: de cette annulation, je tire un profit certain; dès qu'une blessure accidentelle me menace (une idée de jalousie, par exemple), je la résorbe dans la magnificence et l'abstraction du sentiment amoureux : je m'apaise de désirer ce qui, étant absent, ne peut plus me blesser. Cependant, aussitôt, je souffre de voir l'autre (que j 'aime) ainsi diminué, réduit, et comme exclu du sentiment qu'il a suscité. Je me sens coupable et je me reproche de l'abandonner. Un revirement s'opère : je cherche à le désannuler, je m'oblige à souffrir à nouveau.

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u/-Nymphomaniac- — 18 days ago